Ateliers

 

Depuis une dizaine d'années, j'anime avec grand plaisir des ateliers d'écriture auprès de publics variés et je forme à la pratique de l'atelier d'écriture. J'ai enseigné le français en collège et en lycée ; le cinéma en lycée et pour les agrégatifs.

Vous pouvez faire appel à moi pour intervenir dans vos classes, librairies, médiathèques, salons et festivals, j'ai de l'expérience aussi en milieu carcéral, en hôpital de jour et en EHPAD.

On me trouve sur Pass culture et Adage, à mon nom.

Mes spécialités sont la poésie, le scénario, la libération de la créativité et le dialogue entre les arts. Je peux aussi intervenir pour d'autres genres littéraires et fournir des propositions adaptées.

Je me fais rémunérer en droits d'auteur, j'ai un numéro SIRET et je suis dispensée de précompte.

Pour vous donner une idée, vous pouvez me suivre sur les réseaux sociaux, aller sur linktr.ee/melanie_leblanc et aussi découvrir le padlet créé pendant le confinement.

Voici le déroulé détaillé d'un atelier parmi tous ceux que je peux proposer : 

Les nénuphars poétiques

Qu’est-ce que c’est ? Une expérience à la fois scientifique et artistique.

Un atelier spécial grandes chaleurs, que l’on peut faire aussi à l’intérieur en toute saison.

Il s’agit de fabriquer des fleurs de papier, à l’intérieur desquelles on écrit une phrase poétique. On replie les pétales puis on pose les fleurs bien à plat sur l’eau.

Alors, les pétales s’ouvrent et la phrase cachée à l’intérieur se révèle !

Pour le matériel, vous aurez besoin de :

- Feuilles de couleur de grammage habituel (entre 75 et 100g). On peut aussi utiliser du papier blanc.

- Pour la forme des fleurs, on peut découper une fleur cartonnée qui servira de patron ou imprimer sur les feuilles de couleur le pdf à télécharger en suivant ce lien : https://blog.pandacraft.com/wp-content/uploads/2021/12/Fleurs_a_decouper.pdf

- Paires de ciseaux

- Stylos bic

- Crayons de couleur

- Récipient : bacs en plastique, bassine, plats, petite piscine, bac d’exploration…

- Eau

 

Voici une proposition de déroulé :

1. Pour les ateliers d’écriture, j’aime commencer par un temps d’imprégnation, qui passe par l’écoute de poèmes en lien avec l’atelier. Voici quelques propositions, issues de mes livres :

« Je te souhaite d’exhaler ton odeur, que l’on te butine » (Des étoiles filantes, Les Venterniers)

*

j’en appelle au végétal

 

fleur sauvage, enseigne-moi

comment exhaler son odeur

témoigner de la beauté

être là être libre

offrir les mots les plus précieux

puis dans un soupir

partir

 

écrire comme on fleurit

 

Encrer l’invisible, Le Castor astral, p.33

*

petit être végétal

la tête ornée de graminées

je contemple tes iris

me régale

de tes doigts digitales

l’arum de ta bouche

est un délice

 

un jour

tu auras des bleuets au genou

les boutons d’or te diront

si tu aimes le beurre

peut-être tu mettras

du pollen à paupières

et du nénuphar à joue

dans ta tête on verra pousser

plein d’orchidées

des roses s’épanouir

dans ton cœur

 

c’est si beau

de fleurir

 

« Toi le monde », A toi qui es là, éditions Charlie Crane

 

*

Et un poème de Rainer Maria Rilke que vous trouverez bientôt dans une anthologie que je mijote :

Tu ne dois pas chercher à comprendre la vie,
elle sera dès lors pour toi comme une fête.
Laisse chaque jour te combler
comme un enfant qui passe
se voit comblé de fleurs
par chaque brise.
Il ne lui vient pas à l’esprit
de les ramasser ni de les garder.
Doucement de sa chevelure,
tendre prison, il les enlève,
et à ses chères jeunes années
il tend les mains pour avoir d’autres fleurs.

*

Cela peut être l’occasion de leur demander comment s’appellent les fleurs qui poussent sur l’eau. On peut aussi parler de Claude Monet et montrer les Nymphéas.

2. Ensuite, pour cet atelier, je propose un temps de visualisation.

On fait prendre une posture à la fois détendue et réceptive, à adapter selon l’âge (par exemple dos droit mais sans tension, pieds sur le sol, mains sur les genoux). On invite à fermer les yeux. On demande de prendre conscience du souffle, sans modifier la respiration. On peut sentir le souffle qui entre et sort au niveau des narines. On remarque à l’inspire que l’air est plus frais, à l’expire qu’il est plus tiède. Puis on va suivre le chemin du souffle et descendre dans les poumons. A chaque inspire on descend un peu plus et on se retrouve ainsi dans l’espace du coeur. On peut indiquer de toucher son coeur avec une main. Dans cet espace du coeur, on découvre une fleur. C’est une fleur unique au monde. La fleur de notre coeur. On observe ses couleurs, sa forme. On voit qu’elle s’ouvre de plus en plus. L’image se précise. On peut même sentir son odeur. Un parfum délicieux, unique au monde. Et à l’intérieur de cette fleur, on découvre ce qui est le plus précieux pour nous. Quelque chose de très beau, ça peut être un objet, une émotion… Une fois qu’on l’a bien identifié, on sait qu’il existe et restera dans la fleur de notre coeur, on pourra le retrouver dès qu’on aura envie. Quand on se sent prêt, on ouvre les yeux.

3. C’est le moment de la création poétique.

- Dans les petites classes, quand tout le monde a les yeux ouverts, on propose de partager, en donnant un démarreur, par exemple : « Dans ma fleur, il y a... » ou « Dans la fleur de mon coeur, il y a... »

On attend que presque toutes les mains soient levées avant de donner la parole.

Je demande à la maîtresse de noter les phrases que les enfants disent, sur des papiers qu’elle pourra leur donner ensuite et qui serviront de modèle pour l’orthographe. Seul·e, on peut prendre le temps de noter les idées.

On fait un premier tour, puis on revient sur certaines propositions pour les enrichir, les améliorer.

Cela peut-être très émouvant avec très peu, il n’y a pas d’erreur possible, on cherche juste à aller plus loin dans certains cas, à jouer sur les sonorités et à créer des images. Par exemple, hier un petit garçon a dit « Dans ma fleur il y a un livre », on aurait pu s’arrêter là, mais le simple fait de lui demander de préciser a fait naître « un livre de lumière ». Je n’ai rien demandé de plus évidemment à la petite fille orpheline qui a dit : « Dans ma fleur il y a ma maman ».

- Avec des plus grands, pas besoin de démarreur, ni de mise en commun avant l’écriture. On reste bien intériorisé·e et on écrit, avec la contrainte que cela puisse tenir dans la fleur. L’idée étant de révéler un grand secret, une importance, logée dans son coeur et que l’on va pouvoir partager ainsi, quand les pétales s’ouvriront. On peut donner la contrainte de l’emploi du futur et de la deuxième personne du singulier, comme si la fleur révélait un message.

 

4. Vient le moment de la réalisation plastique.

On découpe en suivant les pointillés. Puis on recopie son poème au bic.

On peut tirer un trait au crayon de papier pour guider l’écriture, que l’on gommera ensuite en prenant soin de ne pas déchirer la fleur.

On peut décorer les pétales avec des crayons de couleur, en coloriant, en dessinant, en faisant des graphismes… On évite bien entendu tout ce qui pourrait se diluer dans l’eau.

On replie les pétales les uns après les autres.

On peut demander dans les classes d’écrire le prénom au dos au crayon de papier.

5. Enfin voilà le moment de l’expérience !

Quand tout le monde a terminé de plier son nénuphar, on se retrouve autour d’un ou plusieurs récipients avec de l’eau. On indique comment déposer le nénuphar, bien à plat, délicatement, les pétales vers le haut (ou on le fait soi-même, car l’expérience rate si la fleur est noyée).

Alors la magie opère !

L’eau entre dans les fibres du papier qui se gonflent, ce qui provoque l’ouverture des pétales, la révélation des poèmes et l’ébahissement général. Quand tous les nénuphars sont ouverts, cela peut être l’occasion d’une lecture par l’adulte de ce qui a été écrit.

6. Les fleurs sont mises à sécher. Elles pourront être ensuite réunies sur une affiche pour être exposées et/ou rapportées chez soi.

Le phénomène physique pourra être expliqué, lors d’un retour sur cette merveilleuse expérience scientifique et poétique !